Porfirio « Pepe » Lobo (PN) a arrivé largement en tête des élections présidentielles dimanche 29 novembre au Honduras.
Cinquante-cinq pour cent des scrutins ont été attribués à Porfirio Lobo, le candidat du président putschiste Roberto Micheletti. Le riche agriculteur a obtenu 18 points de plus que son adversaire, Elvin Santos. Concernant le taux de participation, les avis diffèrent. Selon les responsables du tribunal électoral, 61% des Honduriens se seraient rendu dans leurs bureaux de vote. Un chiffre contesté par le leader paysan Rafael Alegria, qui parle d’une « participation rachitique à la farce électorale montée par la dictature ». L’élection s’est déroulée dans le calme, hormis à San Pedro Sula où un millier de manifestants pro-Zelaya a été dispersé violemment par les forces de l’ordre.
Lula désavoue le scrutin
Dès le mercredi 2 décembre, « Pepe » Lobo aura un rôle important à jouer. Les députés ont entamé le débat sur le sort de Manuel Zelaya. Ils doivent décider s’il exercera ou non son mandat jusqu’au 27 janvier. Malgré l’élection du nouveau président, nombreux sont les pays d’Amérique du Sud exigeant le retour du président déchu à la tête du Honduras. Les homologues de Porfirio Lobo l’ont mis en garde : si Manuel Zelaya ne termine pas son mandat, ils rompront tout lien avec le gouvernement hondurien. Ils considèrent que la reconnaissance des résultats de l’élection légitimerait le premier coup d’Etat d’Amérique latine en 20 ans.
“Nous ne pouvons pas accepter un tel coup d’Etat, dans lequel ils prétendent que rien n’est arrivé ». Le président brésilien Lula da Silva a réaffirmé lors du 19° sommet ibéro-américain qu’il ne rencontrerait pas Porfirio Lobo. Il a souligné que cette élection mettait en danger la démocratie en Amérique latine. Concernant le président déchu, il a ajouté que « jusqu’à ce que le gouvernement hondurien garantisse la sécurité de M. Zelaya, il restera à l’ambassade du Brésil ».

Jérémy Felkowski
2 décembre 2009
Sujet éminemment important en ce moment. Il traduit une nouvelle fois la perte de terrain des Etats Unis en Amérique Latine.